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L'histoire et le développement des volontaires olympiques
Source:CIO   Mis à jour:2006-08-17

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Les volontaires olympiques jouent désormais un rôle central dans l'organisation des Jeux Olympiques et incarnent les idéaux du Mouvement olympique. La contribution des volontaires s'est accrue et diversifiée en même temps que les Jeux se développaient. Avec l'inscription de nouveaux sports au programme, la participation d'un plus grand nombre d'athlètes d'officiels, de journalistes et la présence de davantage de spectateurs, les besoins en volontaires ont nettement augmenté.

La complexité de l'organisation des Jeux au début du XXI siècle exige des volontaires à l'expérience et à la compétence adaptées et, pour cela, des systèmes de sélection et de formation en mesure d'assurer un niveau de performances optimal durant les épreuves. L'idéal du volontaire repose sur l'altruisme d'individus choisissant librement de servir la société. Dans le domaine du sport, cet idéal a inspiré les créateurs de clubs sportifs et de compétitions, parmi lesquels Pierre de Coubertin et les membres fondateurs du CIO, à la fin du XIX siècle.

Cependant, le rôle du volontaire aux Jeux Olympiques a évolué au fil du temps en fonction de contextes historiques et culturels spécifiques, et la nature même du mouvement volontaire dans le pays hôte.

Une communication faite lors du Symposium olympique à Lausanne en 1999  « L'évolution des volontaires aux Jeux Olympiques »  a fourni un historique détaillé du volontariat olympique, à partir des rapports officiels de chaque édition de Jeux. À Stockholm en 1912, à Anvers en 1920, à Paris en 1924 et à Amsterdam en 1928, les volontaires provenaient d'associations, en particulier du scoutisme. Ces jeunes se virent confier des tâches relativement simples mais importantes, comme la distribution de messages, le port des drapeaux et le maintien de l'ordre.

Après la Deuxième Guerre mondiale, l'engagement des scouts au service de l'Olympisme s'est encore accru : 2 191 garçons et filles ont bénéficié d'une mention spéciale dans le rapport officiel des Jeux de 1952 à Helsinki pour leurs actions bénévoles. Pour les Jeux de 1956 à Melbourne, 3 500 boy-scouts et guides filles se portèrent volontaires pendant plus d'un an jusqu'à la célébration des Jeux.

Avec la croissance des Jeux, le nombre de volontaires individuels a augmenté, supplantant progressivement les membres d'associations. À Oslo en 1952, les missions confiées aux volontaires devinrent plus complexes, comprenant notamment des travaux de recherche et de préparation technique. En 1960 à Squaw Valley et à Rome, des volontaires servirent d'interprètes et organisèrent le transport des membres de la famille olympique. À Rome, 155 volontaires assistèrent la presse, un rôle qui deviendra de plus en plus important dans les années 70, avec la croissance de l'intérêt des médias pour les Jeux.

Les Jeux de Lake Placid en 1980 marquèrent un tournant dans la participation des volontaires. En effet, le rapport officiel établit que « sans cette armée de 6 700 volontaires, les XIIIes Jeux Olympiques d'hiver n'auraient pu avoir lieu ». Les 4 000 volontaires de Sarajevo en 1984 virent leurs contributions honorées de la même manière. D'anonymes, les volontaires olympiques sont alors devenus des acteurs clés de l'organisation des Jeux Olympiques. À Los Angeles en 1984, près de 30 000 volontaires remplirent une très grande variété de missions bien définies et aidèrent, notamment, à l'organisation du festival des arts et des cérémonies d'ouverture et de clôture.

Si le nombre de volontaires fut moindre à Séoul qu'à Los Angeles, il passa à 34 548 à Barcelone ; cette mobilisation contribua à l'émergence d'un sentiment de fierté de la communauté, à la dimension collective de l'événement et au fort soutien populaire. Aux Jeux d'hiver à Nagano en 1998, le nombre de volontaires  32 579  tripla par rapport à celui de Lillehammer en 1994. Le modèle du volontariat individuel fut dès lors établi, reposant sur un appel aux volontaires attirant davantage de candidatures que de postes à pourvoir, et exigeant le recours à des procédures de recrutement inspirées de celles adoptées par les services des ressources humaines des entreprises privées.

La gestion des 60 422 volontaires d'Atlanta en 1996, et des 46 967 de Sydney en 2000, constituait des opérations de ressources humaines de grande ampleur.Une organisation sophistiquée s'imposait pour les recruter et les former, leur attribuer des missions et contrôler leurs activités.

Le comité d'organisation des Jeux de Sydney créa un programme des volontaires, collaborant étroitement avec le puissant secteur australien du bénévolat et reposant sur un noyau dur de 500 'volontaires pionniers', qui consacrèrent à leurs missions plus de 160 000 heures de travail. Le programme des volontaires commença à rechercher des individus pour deux types de fonctions : volontaires spécialistes et volontaires généraux. Selon le rapport officiel des Jeux de 2000, 75 000personnes postulèrent pour les 46 967 postes disponibles, et la plupart d'entre elles furent interviewées par les 500 étudiants en université sélectionnés pour cette tâche. Cet effort permit la constitution d'une puissante armée de volontaires, responsable pour beaucoup du succès de l'organisation des Jeux de 2000.

En 2002, Salt Lake City poursuivit cette tradition désormais établie de recourir à des individus, sélectionnés par le département des ressources humaines, pour pourvoir aux postes de volontaires. La projection des besoins pour cette édition s'élevait à 20 000, bien moins qu'à Nagano. Selon le rapport officiel, le département de laformation assura, de février 2001 à janvier 2002, 100 séances par semaine dans 11 lieux et 33 salles de classe.Plus de 26 000 volontaires reçurent une formation officielle et 22 000 furent utilisés.

Les Jeux d'Athènes en 2004 marquent une étape décisive en matière de volontariat. Le site Internet officiel des Jeux affirme que 160 000 candidatures ont été reçues pour les 60 000 postes ouverts pour la double période des Jeux Olympiques et Paralympiques. Comme à Sydney, l'action des volontaires fut déterminante et contribua directement à ce qu'Athènes offre des « Jeux de rêve ». Vêtus de leurs uniformes recouverts d'épinglettes

olympiques du monde entier, ils étaient facilement identifiables et participèrent à la fierté nationale. Ces volontaires, y compris des professionnels issus des Fédérations Internationales, furent associés à de nombreux aspects de l'organisation, depuis l'assistance aux médias jusqu'à la canalisation de la foule sur les sites olympiques.

À l'approche des Jeux d'hiver de 2006 à Turin, l'engouement des populations pour le volontariat semble devenu une valeur internationale. Le site officiel des Jeux estime, d'ores et déjà, à 35 000 le nombre de candidatures acceptées.

Pour Beijing en 2008, l'appel aux volontaires promet déjà de battre tous les records dans l'une des plus grandes villes du monde et de contribuer à la poursuite et à l'enrichissement culturel de la longue histoire du volontariat olympique.

Le rôle des volontaires aux Jeux Olympiques s'est diversifié et spécialisé pour répondre aux demandes plus sophistiquées de l'organisation des Jeux. D'un point de vue économique, les volontaires permettent de limiter les dépenses des organisateurs, et cet impact est désormais attendu et incontournable. En outre, les volontaires incarnent les valeurs universelles au coeur des idéaux du Mouvement olympique  la paix, la solidarité, la compréhension mutuelle et le multiculturalisme.

Si le volontariat repose toujours sur l'altruisme, c'est aussi une occasion pour les volontaires de vivre une expérience inoubliable, d'acquérir de nouvelles compétences ou une expérience professionnelle, de rencontrer des gens du monde entier, d'assister aux plus beaux exploits sportifs, de faire partie de la plus grande manifestation sportive du monde et d'écrire une page de l'histoire. Pour beaucoup, le volontariat olympique se révèle une expérience qui bouleverse leur existence. Toutefois, face à un tel engouement, il est essentiel pour l'idéal du volontariat olympique que les volontaires ne se mobilisent pas seulement à l'occasion des Jeux Olympiques, mais servent en permanence le Mouvement olympique.

Source: Avril-Juin 2005 Revue olympique du CIO

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