Petit guide de prononciation du chinois romanisé
Si le système des tons du chinois est pratiquement impossible à maîtriser parfaitement pour un francophone, les sons de base du chinois n'ont rien de particulièrement ardu : il n'y a donc aucune raison de massacrer les noms des personnalités ou des villes chinoises, même si on n'a pas l'intention de se laisser gagner par la « fièvre du chinois » et de s'inscrire à un cours de l'institut de Confucius.
Il suffit de connaître le « pinyin », le système officiel de romanisation (transcription en alphabet latin) des sons du chinois, système qui fait loi depuis 1979 tant en Chine que dans le reste du monde. Ce système n'est pas compliqué à apprendre, même s'il contient un certain nombre de pièges et d'incohérences. Ainsi, contrairement à ce que sa graphie semble suggérer, le mot « pinyin » que nous venons de voir ne se prononce pas avec des nasales (« pain-yien »), mais « pinne –yinne ».
Commençons par un terme omniprésent sur le site ouèbe :
BEIJING (Pékin)
Ce qu'il faut savoir, c'est tout simplement que 1° le chinois ne contient pas de voyelles nasales (on vient de le voir avec le mot « pinyin » !) et que 2° le « j » se prononce comme celui de « John » en anglais. Cela nous donne donc quelque chose comme « bé-djinn-gue ». Le « g » final est le même que dans le pseudo-terme anglais « parking » en français.
Passons maintenant à un nom très présent dans nos dépêches :
LIU QI ( le président du Comité organisateur )
Ici nous nous trouvons en face d'une sérieuse difficulté, car comment diable prononcer « qi » ?
Ce n'est pas un « k » comme dans « képi », mais tout simplement un « tch » comme dans « cha-cha-cha ». En pinyin, ce son s'écrit aussi « ch », comme dans le nom de famille CHEN (« tcheun », attention, ne pas nasaliser le « e » comme dans « dent » en français !). Quant au « u », il correspond le plus souvent à la graphie « ou » en français, mais précédé d'un « i » il s'agit en fait d'un « o » très bref comme dans « sot ». Cela nous donne donc : « lé-o tchi » (le « i » dans ce mot est un fait un « é » !).
Le chinois contient beaucoup de sons chuintés. En voici un exemple avec le nom de la grande vedette du 110 mètres haies, omniprésente dans les stades -- et dans les publicités les plus diverses en Chine :
LIU XIANG (le champion olympique)
Encore une fois, pour le francophone, ce « x » malencontreux constitue un piège, car il est tenté de le prononcer comme dans « Xénophon » ou « saxophone », alors qu'en réalité il s'agit tout bonnement d'un « s » comme dans « sapajou ». Attention, pas de voyelles nasales : par conséquent s'abtenir de prononcer « xiang » en nasalisant, mais dire quelque chose comme «si-angue ». Au final nous obtenons donc : « léo siangue », avec un « g » très léger, plus léger que dans le mot « langue » en français.
Ah, toutes ces lettres rares en français qui fourmillent en pinyin ! Ainsi le « z » :
Mao Zedong (le Grand Timonier de la Révolution)
Pour ceux qui sont habitués à « Mao Tsé-Toung », la graphie correcte est assez surprenante (et ne parlons pas de Tchang Kaï-Chek et de Sun Yat-Sen !), au point que l'on se demande s'il s'agit de la même personne...
Disons d'abord que « Mao » est en fait un nom de famille très commun en Chine et qu'il ne se prononce pas comme en français « ma-o », mais « maw », le « o » étant à peine audible. Quant au « z », il se prononce non pas « ts » comme dans « tsé-tsé », mais « dz » comme dans « dzêta ». Quant au « e », ce n'est pas un « é » mais un son proche du « eu » comme dans « feu ». Donc, le nom du premier président de la Chine nouvelle se prononce : « maw dzeu dongue ».
Puisque nous parlons de présidents, voyons le nom du président actuel (« president » en anglais alors que l'on parle toujours de Mao comme du « chairman ») :
HU JINTAO
Le piège ici est le « h » initial. Celui-ci représente un son qui n'existe pas en français : il s'agit de la jota espagnole comme dans « Jesus » et du «g » néerlandais (nos amis belges savent de quoi nous parlons !). Si ce son vous est inconnu, essayez un « h » aspiré anglais (comme dans « his ») mais plus prononcé et plus au fond de la gorge, un peu comme si vous vouliez expectorer. Comme dans « Mao », le « o » se prononce comme un « ou » très bref, que nous rendons par un « w » ; quant au « j », c'est un « dj » comme dans « Beijing ». Le président actuel de la RPC s'appelle donc : « 'hou djinn taw ».
Enfin, jetons un coup d'oeil sur le terme qui signifie « Chine » :
ZHONGGUO
« Zh » ? C'est tout simplement un « dj » comme dans « Beijing ». Le « o » est en fait un « ou » et le « u » se prononce « w » : « djoungue gwô ». Rappelons que le « g » de « zhong » est très léger, comme dans « parking ».
Tout cela n'est pas si chinois que ça après tout...